Honoré Champion

À l’ombre de la kabbale. Philologie et ésotérisme au XVIIe siècle dans l’oeuvre de Knorr de Rosenroth

Retour aux publications
La Kabbala denudata est la plus vaste anthologie de textes kabbalistiques jamais publiée en latin. Elle est l’oeuvre du protestant Christian Knorr de Rosenroth et s’inscrit dans un large projet de promotion des hebraica et de leur étude. L’entreprise n’est pas anodine en cette fin de XVIIe siècle où la rivalité confessionnelle et religieuse atteint un pic. Parue entre 1677 et 1684, la Kabbala denudata est un bel exemple de « kabbale chrétienne », à la fois oeuvre d’érudition et apport au débat philosophique et religieux de son temps. La présente étude s’attache, dans un premier temps, à redéfinir la notion de « kabbale chrétienne », malmenée par la recherche scientifique et grevée de nombreux a priori que l’auteur déjoue avec finesse, en adoptant des points de vue nuancés, poussant l’interrogation au-delà de l’apparence. Dans un deuxième temps, le contenu de la Kabbala denudata est examiné de manière approfondie, pour en révéler les enjeux et les interactions avec la philosophie du XVIIe siècle. L’auteur jette un regard renouvelé sur la kabbale chrétienne et porte à la connaissance du public une oeuvre qui a durablement marqué l’histoire de l’ésotérisme occidental.

Lettres cabalistiques (Jean-Baptiste de Boyer, marquis d'Argens)

Retour aux publications
Les Lettres cabalistiques (1737-1738) forment le deuxième volet de la vaste trilogie philosophique conçue par Jean-Baptiste de Boyer, marquis d’Argens (1703-1771), dans le sillage de Pierre Bayle, sous le titre Correspondance philosophique, historique et critique, publiée en Hollande entre 1736 et 1740. L’ouvrage s’inscrit dans la tradition de la fiction épistolaire orientale, mise au goût du jour par les célèbres Lettres persanes de Montesquieu, et comporte près de six cents lettres en tout, qui furent d’abord publiées selon la formule – presque encore inédite à l’époque – de la diffusion journalistique, répandues deux fois par semaine, avant d’être ensuite rassemblées pour former des éditions séparées, jamais rééditées depuis le XVIIIe siècle.