Université de Bruxelles

Le blasphème: du péché au crime

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Au cœur de cet ouvrage, se trouvent le blasphème, à savoir l’irrévérence envers ce qui est révéré par les religions, et ses manifestations contemporaines. Considéré comme une attaque au fondement même de l’ordre social et de la morale publique, le blasphème a été et est toujours réprimé en tant que tel. Récemment, certains événements internationaux et certaines revendications identitaires ont toutefois soulevé des interrogations nouvelles sur les formes, la nature et le caractère licite des discours et des images manifestant de l’irrespect à l’égard des religions, serait-ce sur le mode satirique. En examinant les manifestations contemporaines de ce qui est considéré comme outrageux par les religions, mais aussi en envisageant l’histoire et l’anthropologie de la « parole impie » et de sa réception, les études rassemblées dans le présent ouvrage permettent de mieux comprendre comment cette catégorie du discours religieux et juridique s’est construite à travers le temps, dans le but de réprimer certaines formes de contestation des religions établies et de leurs symboles. Car la répression du blasphème montre la complexité de sa gestion sociale et judiciaire, au cœur de la tension entre liberté de conscience (du « diffamateur » et du « diffamé »), liberté d’expression et censure.

Hérésies: une construction d'identités religieuses

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Pourquoi et comment se fait un texte canonique? Quelques réflexions sur l'histoire du Coran / Guillaume Dye -- Distinction mosaïque et hérésie : Guillaume de Saint-Thierry versus Pierre Abélard / Anja van Rompaey Quelles sortes de communautés réunissent les hommes ? Comment sont-elles construites ? Où est l'unité, où est la multiplicité de l'humanité ? Les hommes peuvent former des communautés distinctes, antagonistes, s'opposant violemment. La division externe est-elle nécessaire pour bâtir une cohésion interne ? Rien n'est plus actuel que ces questions. Parmi toutes ces formes de dissensions, les études qui composent ce volume s'intéressent à 'hérésie. L'hérésie se caractérise par sa relativité. Nul ne se revendique hérétique, sinon par provocation. Le qualificatif d'hérétique est toujours subi par celui qui le porte et il est toujours porté sur autrui. Cela rend l'hérésie difficilement saisissable si l'on cherche ce qu'elle est en elle-même. Mais le phénomène apparaît avec davantage de clarté si l'on analyse les discours qui l'utilisent. Se dessinent dès lors les représentations qui habitent les auteurs de discours sur l'hérésie et les hérétiques, discours généralement sous-tendus par une revendication à l'orthodoxie. Hérésie et orthodoxie forment ainsi un couple, désuni mais inséparable. Car du point de vue de l'orthodoxie, l'hérésie est un choix erroné, une déviation, voire une déviance.

Animal et religion

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Cet ouvrage interroge à nouveaux frais les liens entre l’animal et les religions, dans une perspective diachronique et comparatiste. L’animal, qu’il soit peint, sculpté, évoqué dans les sources écrites ou les traditions orales, ou encore qu’il soit présent parmi les vestiges archéologiques, semble, de tout temps et en tout lieu, avoir été en rapport avec l’être humain. Le thème, pluridisciplinaire s’il en est, passionne depuis longtemps les ethnologues, les anthropologues, les linguistes et les zoologues, mais les historiens l’ont largement délaissé. Il a fallu attendre les années 1980 et la parution des travaux de chercheurs comme Robert Delort ou Michel Pastoureau pour qu’enfin il éveille leur intérêt. Or, s’il est un domaine où l’animal est présent, c’est bien celui des religions. Les rapports de l’animal avec les religions sont en effet d’une richesse et d’une diversité extraordinaires. Aussi loin que l’on remonte dans le passé, il semble que l’animal soit mêlé aux traces que l’homme laisse de son activité religieuse. Réel ou fabuleux, il se prête fort bien aux élaborations symboliques. Souvent sollicité dans la mythologie et dans les représentations que les différentes cultures se faisaient ou se font de l’agencement du monde, il est, à certaines époques, davantage soumis à des interprétations religieuses ou morales qu’objet de science. Mais, de manière plus pragmatique, l’animal est aussi présent dans diverses pratiques rituelles. Il peut ainsi jouer le rôle d’offrande ou de victime sacrificielle – parfois comme substitut de victime humaine –, ou encore être utilisé dans le cadre de pratiques divinatoires ou magiques. Il peut faire l’objet d’une consommation rituelle ou, au contraire, être frappé d’interdits rigoureusement codifiés.

La Sainte Famille. Sexualité, filiation et parentalité dans l'Eglise catholique

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Il y a un peu plus de cinquante ans, le 8 décembre 1965, le pape Paul VI promulguait la constitution pastorale Gaudium et Spes. Ce document majeur du concile Vatican II, qui évoque largement la dignité du mariage et de la famille et insiste sur la place primordiale de l’amour conjugal, mettait fin à la doctrine nataliste absolue d’autrefois. Toutefois, moins de trois ans plus tard, l’encyclique Humanae Vitae vint réaffirmer la doctrine traditionnelle de l’Eglise en ce qui concerne la prohibition de la contraception artificielle. Ces documents sont le fruit de débat houleux au sein de l’Eglise, autour de thèmes qui remontent aux origines du christianisme, telles la primauté du célibat ou du mariage, la fonction déterminante de la famille ou la liberté de l’individu, ou encore la relation comme concupiscence ou acte de filiation.Les contributions réunies dans ce volume placent ces tensions dans leur perspective historique et reconstituent l’évolution des positions de l’Eglise à propos du couple et de la famille depuis les origines jusqu’à nos jours, à travers l’étude de moments charnières et de documents-clés, et par l’observation des acteurs tant des processus d’élaboration des normes que, parfois, des mouvements de contestation de celles-ci.

Des saints et des martyrs. Hommage à Alain Dierkens

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Ce volume des Problèmes d’histoire des religions est dédié au Professeur Alain Dierkens, médiéviste spécialisé dans l’étude du religieux et directeur de la collection de 1991 à 2012. À la fois historien, historien de l’art et archéologue, Alain Dierkens a laissé une marque indélébile sur plusieurs générations d’étudiants. Par ses cours très vivants, il leur a fait découvrir et aimer le Moyen Âge autrement. Il a aussi noué des liens profonds et durables avec de nombreux chercheurs, de son domaine et d’autres disciplines à l’Université libre de Bruxelles et dans d’autres universités belges, mais également en France, en Allemagne, en Italie et dans beaucoup d’autres pays européens. Des saints et des martyrs n’est pas un liber amicorum traditionnel. Loin de viser l’exhaustivité au détriment de la cohérence, il propose des points de vue à la fois différents et complémentaires sur un ensemble de thèmes qui traversent la bibliographie d’Alain Dierkens. Des collègues de Bruxelles et d’ailleurs y reprennent des thèmes chers à ce dernier, pour les décliner dans des travaux inédits et originaux. Ce volume s’inscrit pleinement dans le sillage de la collection qui aborde le fait religieux dans une perspective à la fois diachronique et comparatiste. Les différentes contributions dépassent dès lors le cadre strict du Moyen Âge pour se pencher sur les périodes allant de l’Antiquité tardive à l’époque contemporaine.